Positions

vendredi 8 juillet 2016, par Geneviève Merlin

L’ANEPCCAV « Les Ailes du désir » est une association professionnelle nationale, fondée en 1992, à la suite de la création des enseignements Cinéma & Audiovisuel au lycée et de l’apparition d’épreuves dans cette discipline au baccalauréat. Elle regroupe des enseignants de Cinéma et des partenaires culturels, intervenant dans les options cinéma. Elle défend depuis l’origine une éducation artistique et culturelle exigeante, fondée sur un équilibre constant entre approche théorique et culturelle et approche pratique et sur un enseignement en équipe, dans le cadre de partenariats étroits entre enseignants et intervenants culturels.
L’association est représentée dans toutes les commissions d’experts qui concernent les enseignements de cinéma : élaboration des sujets de baccalauréat, choix du film du programme limitatif, écriture des textes de cadrage des programmes, et cette année élaboration du Plan National de Formation.


L’enseignement du cinéma n’a cessé de se renouveler depuis l’ouverture des options et l’association « Les Ailes du désir » a montré à chaque réforme de programme ou d’examen sa capacité à prendre en compte des perspectives nouvelles. Les bouleversements récents des conditions de production, de fabrication et de lecture des images qui engagent des approches et des expérimentations nouvelles ainsi que la multiplication des dispositifs et parcours d’éducation à l’image à l’école nous conduisent à réaffirmer la nécessité de défendre les valeurs auxquelles nous sommes attachés : la place centrale des oeuvres et de l’ histoire du cinéma dans nos enseignements, l’importance de la pratique artistique, le cadre partenarial. Ces exigences doivent être au cœur de toute réflexion sur l’enseignement du cinéma-audiovisuel au lycée et sur la place du cinéma à l’école.


Des incertitudes pèsent sur l’avenir des options. Dans le contexte général de diminution des crédits nos enseignements sont fortement fragilisés : par les réductions de DHG accordées aux établissements qui menacent les options facultatives et les enseignements à petits effectifs ; par la diminution voire la disparition des subventions accordées par les DRAC notamment pour les options facultatives, dont la plupart ne sont plus subventionnées, ce qui remet en cause le partenariat culturel ; et également par le caractère non dérogatoire de l’option en seconde alors même qu’elle est rare sur le territoire, que son coût et les compétences spécifiques qu’elle implique ne rendent ni possible ni pertinente sa généralisation. L’enseignement d’exploration “Création et activités artistiques” s’est développé souvent au détriment des enseignements artistiques existants, auxquels il s’est substitué dans certains établissements pour des raisons horaires. Une concurrence s’est développée de fait entre les lycées qui introduisent les enseignements d’exploration arts visuels. Or, loin de constituer un vivier pour l’enseignement de spécialité en série L cet enseignement d’exploration a fragilisé voire empêché le cursus des trois années d’enseignement du cinéma qui permettait à la série L de se maintenir. Il est d’autant plus urgent de nous mobiliser.
L’art a sa place à l’école, le cinéma en tant qu’art a sa place à l’école à condition qu’il ne s’agisse pas de saupoudrage dans les divers parcours et disciplines, mais d’un véritable enseignement artistique qui fasse l’objet d’une pédagogie cohérente, à la fois en amont et en aval du lycée, et qui ne soit pas relégué dans le domaine périscolaire.


Le site de l’association « Les ailes du désir » a pour vocation de constituer un lieu de ressources, d’échanges, de mutualisation et de transmission. Il propose des réflexions développées autour des programmes d’enseignement et des films du programme limitatif, des expérimentations menées avec les élèves, des exemples de pratiques pédagogiques.
L’association publie dans sa revue annuelle des textes de professeurs de lycée, d’universitaires et d’artistes, des documents de professionnels du cinéma ainsi que des fiches à finalité pédagogique.



Prenant appui sur son expertise dans les domaines pédagogique, théorique et pratique, de l’enseignement du cinéma au lycée, l’association met en avant les demandes suivantes :

Classe de seconde
Reconnaître l’option de seconde comme option rare, avec un horaire dérogatoire de 3h00 à la place du second enseignement d’exploration.
Clarifier la spécificité de chaque enseignement, enseignement d’exploration et option facultative, afin de faciliter l’orientation en fin de 3ème.
Favoriser une égalité d’accès des élèves aux enseignements artistiques

Enseignement de spécialité
Donner la possibilité aux élèves de toutes les séries de l’enseignement général de suivre un enseignement de spécialité à 5h en 1ère et Terminale.

Option facultative de 1ère et Terminale
Maintenir l’enseignement facultatif du cinéma-audiovisuel en tant que matière à part entière : ce qui implique le respect de l’horaire des classes et un fonctionnement partenarial subventionné.

Baccalauréat :
Permettre aux élèves de choisir deux options artistiques facultatives s’ils le souhaitent, ce que ne permet pas la procédure d’inscription informatique actuelle.
Étendre la durée de l’épreuve écrite de l’enseignement de spécialité en série L à 4 heures.

Formation et recrutement des enseignants :

Postes à profil :
Maintenir un mouvement national pour le recrutement des enseignants

Formation initiale :
Construire dans le cadre des ESPE des formations dans les domaines artistiques, permettant de préparer les candidats aux épreuves optionnelles du CAPES ; mettre en place des formations préparatoires à la certification complémentaire en cinéma-audiovisuel pour les PLC2 sur le modèle de l’Académie de Rennes.

Certification complémentaire :
Redéfinir l’épreuve par un cahier des charges permettant une cohérence sur l’ensemble du territoire afin d’éviter les disparités actuelles dans les attendus et les modalités de passation.
Veiller à ce que le Jury soit constitué au moins d’un IPR en charge du Cinéma-Audiovisuel (président du jury), d’un enseignant en charge d’un enseignement de spécialité, d’un universitaire enseignant en études cinématographiques et, dans la mesure du possible, d’un partenaire culturel.
Accompagner les néo-titulaires d’une certification dans le cadre d’une formation à la fois pratique et théorique afin qu’ils développent les compétences nécessaires pour enseigner en cinéma-audiovisuel.

Formation continue :
Organiser annuellement des formations nationales à déclinaison académique, incluant la dimension partenariale
Organiser annuellement dans chaque académie des journées de formation systématiques, communes aux partenaires et aux enseignants, à l’initiative des IPR chargés du Cinéma-audiovisuel et de l’Action Culturelle.

Equipement des sections :
Faire un état des lieux devant aboutir à l’équipement de l’ensemble des options Cinéma-audiovisuel conformément au Guide pour l’ aménagement des locaux et l’équipement des sections publié par l’ADRC (Agence pour le Développement Régional du Cinéma) la CST (commission Supérieure Technique) et 1’IGEN (Inspection Générale de l’Education Nationale).

Droits d’auteur :
Veiller à ce que les décrets d’application de la loi sur les Droits d’Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l’Information respectent une exception pédagogique permettant la diffusion de films et d’extraits de films en classe.